Avez-vous entendu parler du concept de neutralité du net ?

Non ? Sachez que ce que l’on considère comme acquis est en fait un principe démocratique qui  a été remis en question ce 14 décembre au Etats-Unis. En effet, Le FCC (la Commission Fédérale des Communications, c’est-à-dire le régulateur des télécoms américains) a voté et posé un nouveau cadre réglementaire…

Mais commençons par le début : la neutralité du net, ou neutralité de réseaux est un principe garant de l’égalité de traitement de tous les flux de données transitant via le net.

Ainsi, il ne peut y avoir de discrimination ni de contenu ni de provenance concernant les informations présentes sur Internet.  Jusqu’ici, il était  interdit à un fournisseur télécom de permettre un accès plus rapide à certains services qu’à d’autres, ou encore de filtrer certains contenus ou services.

Désormais,  aux Etats-Unis, ce principe est remis en cause et cela pourrait permettre aux opérateurs téléphoniques de discriminer certains contenus, sites mais surtout de marchander leur visibilité. En gros : celui qui paiera le plus, sera le plus présent. Ce sont les grosses plateformes que nous utilisons tous qui sont visés (Amazon, Netflix, Google…) et qui devraient désormais contribuer à financer les infrastructures des opérateurs.

Dès lors, si l’on privilégie ceux qui peuvent payer, qu’adviendra-t-il de ceux qui n’ont pas de but mercantile ? Seront-ils voués à disparaitre ? Passeront-ils au second plan ? Nous utilisateurs, aurons –nous encore le choix de ce que nous regardons sur internet ? Voilà les questions que pose la remise en cause d’un principe jusqu’ici méconnu du grand public.

En France, les textes sont flous et les discriminations existent : quelques cas pour mieux comprendre :
Exemple de discrimination à l’égard de la destination :

  • En 2010, l’opérateur virtuel M6 Mobile utilisant le réseau Orange annonce une offre à 1 € par mois ne donnant accès qu’aux pages web des réseaux sociaux Facebook et Twitter.

Exemple de discrimination à l’égard de la source :

  • Orange a mis en place en août 2010 des offres commerciales internet mobile permettant, moyennant surcoût, d’accéder de façon illimitée au service de musique «  Deezer » alors que son forfait mobile est pour les autres sources de contenus du même type limité à 1 Go par mois, le rendant inutilisable pour accéder à des services concurrents.

Exemple d’altération de contenu :

  • en 2013, il est révélé que SFR recompresse les images et altère le code de façon à le rendre moins lourd sur son réseau 3G.
  • Sosh, la filiale « low cost » d’Orange, est suspectée d’injecter dans les pages webs de la version mobile de Facebook deux liens cliquables (« mes communautés » et « retour à Orange World ») favorisant les services Orange.

 

Sources : www.usinedigitale.fr www.wikipedia.org www.lemonde.fr et Sébastien Desbenoit pour l’infographie.